Du 1er septembre au 9 octobre 2026, six États de l'UEMOA ont mené 17 adjudications de titres publics sur le marché d'UMOA-Titres. Ils ont sollicité 1 063,9 milliards de FCFA. Les investisseurs ont soumis 1 483,4 milliards, et les Trésors en ont retenu 1 113,1. La demande a donc couvert 1,39 fois les montants mis en adjudication.
Ce total cache des conditions très différentes d'un émetteur à l'autre. Sur la même maturité de douze mois, le Burkina Faso a emprunté à 3,76 % et le Niger à 8,70 %, soit un écart de 494 points de base. Les chiffres ci-dessous proviennent des résultats publiés par UMOA-Titres, titre par titre.
Volumes : la Côte d'Ivoire et le Sénégal font les deux tiers
| État | Séances | Sollicité (Mds) | Soumis (Mds) | Retenu (Mds) | Couverture |
|---|---|---|---|---|---|
| Côte d'Ivoire | 4 | 380,0 | 676,6 | 417,7 | 178 % |
| Sénégal | 3 | 330,0 | 351,3 | 333,6 | 106 % |
| Mali | 3 | 135,0 | 159,1 | 142,4 | 118 % |
| Burkina Faso | 3 | 135,0 | 205,8 | 135,5 | 152 % |
| Niger | 2 | 53,9 | 53,9 | 53,9 | 100 % |
| Guinée-Bissau | 2 | 30,0 | 36,6 | 30,0 | 122 % |
| Total | 17 | 1 063,9 | 1 483,4 | 1 113,1 | 139 % |
La Côte d'Ivoire et le Sénégal concentrent 67 % des montants retenus. La Côte d'Ivoire attire la demande la plus large, avec 1,78 franc soumis pour un franc sollicité. Au Niger, les soumissions égalent exactement les montants retenus : le Trésor a servi toute la demande reçue, sans sélection par le prix. Le Bénin et le Togo n'ont pas adjugé sur la période.
Rendements : quatre niveaux distincts
Le tableau donne le rendement moyen pondéré par les montants retenus, par État et par maturité, toutes séances de la période confondues.
| État | 12 mois | 36 mois | 60 mois | 84 mois |
|---|---|---|---|---|
| Burkina Faso | 3,76 % | 6,75 % | 7,36 % | 7,39 % |
| Côte d'Ivoire | 4,06 % | 6,32 % | 7,06 % | 7,17 % |
| Mali | 4,91 % | 7,72 % | 7,46 % | — |
| Guinée-Bissau | 5,59 % | 7,32 % | — | — |
| Sénégal | 7,90 % | 7,62 % | 8,00 % | — |
| Niger | 8,70 % | 9,00 % | 8,23 % | — |
Le Niger a aussi adjugé à 24 mois (7,91 %) et à 48 mois (7,65 %). La Côte d'Ivoire a placé le 6 octobre une OAT à 20 ans : 51,5 milliards retenus à 7,00 %.
Trois lectures ressortent.
Le court terme sépare nettement les signatures. Au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire, le 12 mois se traite autour de 4 %. Au Sénégal et au Niger, il dépasse 7,8 %. Pour le même horizon d'un an, l'écart atteint près de cinq points de pourcentage au sein d'une même zone monétaire.
La courbe sénégalaise est plate, voire inversée à court terme. Le BAT à 12 mois du Sénégal (7,90 %) ressort au-dessus de son OAT à 36 mois (7,62 %). Sur les trois séances, le rendement du 12 mois est resté entre 7,87 % et 7,99 %. Chez les autres émetteurs, le 12 mois reste le point le moins cher de la courbe.
L'allongement coûte peu au-delà de cinq ans. En Côte d'Ivoire, l'écart entre 60 et 84 mois n'est que de 11 points de base. Le 20 ans du 6 octobre s'est même placé sous le 7 ans du même jour (7,00 % contre 7,18 %).
Côte d'Ivoire : trois BAT à 12 mois sans montant retenu
Sur quatre séances, le Trésor ivoirien n'a retenu aucune soumission sur le BAT à 12 mois à trois reprises.
| Séance | Soumis sur le 12 mois (Mds) | Retenu | Rendement moyen |
|---|---|---|---|
| 1er septembre | 17,0 | aucun | — |
| 15 septembre | 1,7 | aucun | — |
| 29 septembre | 71,3 | 19,9 | 4,06 % |
| 6 octobre | 20,0 | aucun | — |
Les résultats publiés n'indiquent pas le motif. Ils montrent seulement que le Trésor a couvert ses besoins sur les maturités longues lors de ces séances. Le 1er septembre, par exemple, l'OAT à 60 mois a reçu 87,9 milliards et les a tous retenus à 7,06 %. Le seul 12 mois retenu de la période, le 29 septembre, l'a été à 4,06 %, au niveau du Burkina Faso.
Le « BAT 12 mois UEMOA » : une moyenne à lire avec ses écarts
Sur les 30 jours précédant le 9 octobre, le rendement moyen des BAT à 12 mois s'établit à 6,59 %. C'est une moyenne pondérée par les montants retenus, calculée sur 10 adjudications de six États. Elle pèse surtout les volumes sénégalais : 62,8 milliards retenus à près de 7,9 %. À titre de repère, la dernière valeur affichée sur nos écrans, au 26 mai 2026, était de 6,18 %.
Cette moyenne décrit le coût moyen du financement à un an dans l'Union. Elle ne décrit le coût d'aucun État en particulier : entre 3,7 % et 8,7 %, l'écart est plus parlant que le niveau moyen.
En bref, la semaine à la BRVM
Le BRVM Composite a clôturé le vendredi 9 octobre à 546,86 points, contre 546,78 une semaine plus tôt (+0,01 %). La semaine a commencé par un recul de 1,39 % le lundi, effacé dès le mardi (+1,06 %). Le BRVM-30 termine à 264,57 points, inchangé sur la semaine.
Méthode et sources
Résultats d'adjudication lus sur les pages d'émission d'UMOA-Titres (umoatitres.org, rubrique « Émissions », onglet « Résultats »), pour les 17 émissions simultanées réalisées du 1er septembre au 9 octobre 2026 (hors opérations de rachat). Montants en milliards de FCFA (pages publiées en millions). Rendements : rendement moyen pondéré publié par titre ; les moyennes par État et maturité sont pondérées par les montants retenus. Couverture : montants soumis rapportés aux montants sollicités. Un titre sans montant retenu n'entre dans aucune moyenne. Indices BRVM : clôtures officielles, base WestcapBi réconciliée avec brvm.org. Données arrêtées au 10 octobre 2026.
Cet article est une analyse descriptive à visée d'information. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation.
